Science17 août 2026

Comment augmenter son endurance : ce que disent les données

L’endurance n’est pas une qualité vague qu’on a ou qu’on n’a pas. C’est une capacité mesurable — et la recherche sur sa construction pointe là où la plupart des plans d’entraînement ne vont pas.

A rider pedaling a CAROL Bike, shown from the side

Si monter un escalier vous laisse à bout de souffle, ou si votre énergie s’éteint avant votre journée, le réflexe est généralement de prévoir des séances plus longues : plus de kilomètres, plus de minutes, plus de séances. Les données pointent dans une autre direction. L’endurance a une définition physiologique, un plafond mesurable et — il s’avère — une façon remarquablement efficiente de l’élever.

Ce qu’est réellement l’endurance

Retirez le vocabulaire de salle de sport et l’endurance est la condition cardiorespiratoire : la capacité de votre cœur, de vos poumons, de votre sang et de vos muscles à fournir et à utiliser de l’oxygène dans le temps. Sa mesure de référence est la VO₂max — la consommation maximale d’oxygène, la quantité maximale d’oxygène que votre corps peut utiliser lors d’un exercice intense, exprimée en ml/kg/min.

Tout ce que vous vivez comme de l’endurance découle de ce chiffre. Une VO₂max plus élevée signifie que n’importe quelle tâche — une côte, un sprint pour attraper le bus, une longue journée debout — occupe une part plus petite de votre capacité, et paraît donc simplement plus facile.

Pourquoi votre endurance mérite votre attention au-delà de la salle

L’argument en faveur de l’augmentation de la condition cardiorespiratoire est l’un des plus solides de la médecine préventive. Une synthèse de méta-analyses portant sur plus de 20,9 millions d’observations issues de 199 études de cohorte a constaté que les adultes à condition physique élevée présentaient moins de la moitié du risque de mortalité toutes causes confondues des personnes à condition faible (RR 0,47), et que chaque hausse de 1 MET — environ 3,5 ml/kg/min de VO₂max — était associée à une réduction du risque de mortalité de 11 à 17 % (Lang et al., 2024). L’endurance n’est donc pas seulement un attribut de performance. C’est l’un des prédicteurs les mieux documentés de la durée de votre vie.

Ce qui la construit vraiment : l’intensité ou la durée ?

Les deux marchent — mais pas également par minute investie. La physiologie explique pourquoi. Une revue détaillée du Journal of Physiology a conclu que le fractionné produit les adaptations classiques de l’endurance — un volume d’éjection systolique plus fort, plus de mitochondries, une meilleure délivrance d’oxygène — et que l’intensité de l’exercice est un moteur clé de ces adaptations, de brefs intervalles intenses égalant des volumes bien plus importants d’exercice continu (MacInnis & Gibala, 2017).

Un coureur en pleine foulée, jambes en noir et blanc
L’entraînement en sprints fractionnés a augmenté la VO₂max de 7,8 % en moyenne, sans pénalité pour un nombre de sprints réduit.

Les données d’essais concordent. Une méta-analyse de l’entraînement en sprints fractionnés a constaté une amélioration moyenne de la VO₂max de 7,8 % avec des programmes de sprints à vélo répétés à fond — et, fait frappant, que réduire le nombre de sprints par séance ne réduisait pas les gains (Vollaard et al., 2017). Des données regroupées plus récentes arrivent à la même conclusion à plus grande échelle : une hausse moyenne de 8,3 % de la VO₂max sur 78 études, les répétitions de sprint supplémentaires n’apportant aucun bénéfice significatif (Hutchinson et al., 2026).

La dose minimale efficace

C’est la logique derrière le REHIT — Reduced Exertion High-Intensity Interval Training —, le protocole autour duquel le CAROL Bike est construit : deux sprints à fond de 20 secondes au sein d’une sortie d’environ cinq minutes. Dans l’essai original de six semaines, trois courtes séances par semaine (des séances de laboratoire de 10 minutes, où les sprints passaient de 10 à 20 secondes au fil du programme) ont augmenté la VO₂max de 15 % chez les hommes et de 12 % chez les femmes, avec en parallèle une amélioration de 28 % de la sensibilité à l’insuline chez les hommes — alors que les participants jugeaient l’effort seulement « assez dur » (Metcalfe et al., 2012).

Une cycliste en étirement, bras croisés derrière la tête, vue de dos
Deux, trois ou quatre séances REHIT par semaine ont produit le même gain de 8 à 10 % en six semaines.

Même l’exigence de fréquence est plus légère que vous ne le penseriez. Un essai randomisé comparant deux, trois et quatre séances REHIT par semaine sur six semaines a constaté des améliorations d’environ 8 à 10 % dans chaque groupe, sans avantage significatif à s’entraîner plus souvent (Thomas et al., 2020).

Des réserves honnêtes

Trois nuances que les titres omettent généralement. D’abord, les réponses individuelles varient : dans toute étude d’entraînement, certaines personnes progressent nettement et une minorité progresse peu, raison pour laquelle nous recommandons d’individualiser le REHIT et de suivre les progrès sur plusieurs semaines plutôt que de juger sur une séance isolée. Ensuite, les protocoles très courts battent nettement l’absence d’exercice, mais face à un programme bien mené d’exercice modéré plus long, le résultat s’approche du match nul — obtenu en une fraction du temps. L’avantage des protocoles minimaux est l’efficience et la régularité, non la magie. Enfin, il y a un plancher : les sprints doivent être réellement à fond. Un effort que vous pouvez tenir confortablement n’est pas le stimulus que décrivent les études.

L’essentiel

Pour augmenter votre endurance, augmentez votre VO₂max — et les données disent que l’intensité, non les heures accumulées, est le levier le plus efficient. Deux sprints à fond de 20 secondes, deux à trois fois par semaine, ont amélioré la condition physique de 10 à 15 % en six semaines dans des essais contrôlés (Metcalfe et al., 2012; Thomas et al., 2020), et chaque point de condition physique gagné est associé à un risque de mortalité à long terme mesurablement plus faible (Lang et al., 2024). L’endurance ne se construit pas en souffrant plus longtemps. Elle se construit en demandant à votre corps, brièvement et régulièrement, tout ce qu’il a.

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